La fin brutale de quelque chose 2/2

On décide de se voir le midi, à la place du cours, pour finaliser la séparation.

En raccrochant je me sens submergée, des tas d’idées me traversent… Bien sûr la première chose est que je ne veux en aucun cas me mettre entre lui et sa famille, donc je comprends qu’il sauve sa famille. Il me répète d’ailleurs que ce n’est pas de ma faute (mais à aucun moment je ne me suis sentie coupable car c’est lui qui avait les cartes en main), mais la deuxième chose est que je me sens dépassée par les événements et même dévastée.

Comment je vais faire avec ma jument ? Je ne la maîtrise pas encore… monter est compliqué… et tous mes projets s’écroulent… j’avais un lieu où je me sentais bien, il va falloir en partir… tout se bouscule dans ma tête. J’hésite à y aller… je n’ai pas envie de m’écrouler devant lui.

Finalement j’y vais poussée par ma soeur jumelle que j’appelle toujours quand ça va mal, et qui me dit, si, il faut que tu y ailles, il peut se passer quelque chose, vas-y. J’y vais en sachant que c’est la dernière fois que je le vois.

Quand j’arrive il a la tête basse, il est tout aussi mal que moi. Je lui dis que j’ai hésité à venir parce que je n’avais pas envie de pleurer (il sait que je suis sensible donc je ne mets plus aucun filtre) mais j’arrive à contenir mes larmes, j’ai juste les yeux qui brillent et la voix qui se noue. J’aperçois également des larmes dans ses yeux, mais il n’y aura rien de plus. Il est désolée, il me dit que durant ces 3 jours il a essayé de trouver des solutions, il a même envisagé de venir en cachette… mais non, il sait que ce n’est pas réglo (et moi je ne veux pas de ça). Il me dit qu’il ne me chasse pas (de son écurie) mais moi je lui dis que je ne peux pas rester là… je ne me vois pas lui envoyer des messages (je n’ai plus le droit en plus) pour lui dire quand je passe et pour qu’on évite de se croiser, ça n’a pas de sens. Je veux partir…

Comme il connaît du monde, il me trouve directement une solution (une autre écurie pas loin), il se met en 4 pour m’aider, organiser le déplacement (je lui dis que je veux que ça soit fait au plus vite) et qu’il veut me payer, me rembourser… Je lui dis non, pour moi ce n’est pas une question d’argent. Il insiste. Il finit par régler le mois entier dans la prochaine écurie. Et le lendemain la jument est partie…

En 2h tout était plié.

Comment ce genre de fin pouvait être envisageable ?

Tout est allé tellement vite… cela fait 1 mois maintenant. On peut dire que d’avoir été dans l’action aussi vite, d’avoir changé d’écurie et d’avoir été obligée de me confronter à ma jument et aux nouveaux gens en solo… ça remet d’aplomb, j’ai eu peu de temps pour m’apitoyer sur mon sort. Maintenant je suis seule… il y a bien la gérante de la nouvelle écurie qui peut me donner des cours, mais je me sens comme trahie dans ma confiance, j’ai besoin de temps avant de reconstruire une relation.

Je suis passée par des phases compliquées avec ma jument. Pour elle aussi, le changement est subi, il faut qu’elle s’habitue à nouveau alors qu’elle est peureuse… J’ai dû reprendre toutes mes bases de travail à pied que je croyais maîtriser, mais non j’ai complètement régressé… je suis repartie de zéro. Déjà parce qu’avec un cheval il faut être à 100% et moi je ne l’étais pas, j’ai réussi à ne pas m’effondrer, mais je n’étais pas bien.

Et puis le soleil est revenu… maintenant je gère. Je suis passée par des phases de colère, je lui en voulais de m’avoir laissée seule alors qu’il savait très bien que je pouvais galérer. J’ai trouvé que sa réaction n’était pas pro, abandonner quelqu’un que l’on coache avec toutes les difficultés qu’il traverse en plein milieu, ça ne se fait pas… L’histoire de sa femme il l’avait mal gérée… c’est lui qui savait, et pourtant c’est lui qui souhaitait que j’envoie des messages. Je me sens salie dans une histoire qui était propre et pure et qui devient malsaine par le regard d’une tierce personne. Il aurait pu aussi me mettre en difficulté dans mon couple car si mon homme avait été suspicieux il aurait trouvé ça louche aussi cette histoire (or moi je ne lui ai jamais rien caché, il savait quand je le voyais, et je lui montrais parfois nos échanges de sms). Je me sens violée dans mon intimité sur cette histoire de sms, car moi j’ai renvoyé les copies écrans car je trouvais que nos échanges étaient normaux, mais elle y aurait vu bien plus que ça (comment veux-tu lutter avec les soupçons d’une femme jalouse ?) peut-être parce que parfois je me montrais contente d’une séance, que je suis du genre à abreuver de smileys, que je lui souhaitais une bonne journée à la fin d’un message ??? Rien dont mon homme n’a jugé trouble… Mais voilà… je ne referai pas l’histoire, et moi je ne me changerai pour rien au monde. C’est comme ça.

Et encore une fois, je savais que cette histoire aurait une fin, on ne prend pas de cours toute sa vie. Mais c’était moi qui était sensée arrêter, c’est l’élève qui dit stop.

Je rebondis, je suis une fille forte. Mais c’est une sacré leçon. et ça fait un sacré vide.

La fin brutale de quelque chose 2/2

La fin brutale de quelque chose 1/2

Alors voilà c’est arrivé… si je relis mon article écrit cet été, je m’aperçois que je l’avais presque prédit.

Je ne prends plus de cours avec mon coach. C’est fini.

Et c’est arrivé très brutalement, comme une histoire rocambolesque. Je vous invite à relire l’article « aimer mes émotions » où je parle de la relation spéciale que j’avais avec lui. Depuis cet été nous étions toujours sur ce genre de relation, il était comme un guide pour moi, me tirait vers le haut, appréciait ma présence tout comme j’appréciais la sienne et j’attendais ce moment dans la semaine où je le voyais. Depuis décembre nous nous voyions un peu plus souvent encore car il m’avait proposé un arrangement pour avoir ma jument dans l’écurie où il y avait son cheval. C’était gagnant-gagnant (même si je savais qu’il me faisait un tarif vraiment trèèèès avantageux), lui il était à proximité et n’avait plus de déplacement à faire, et moi j’avais quelqu’un presque à dispo pour moi et ma jument.

Ces moments nous ont rapproché, mais rien de trouble, il était mon coach et je peux juste dire qu’une amitié était en train de naître peut-être. En même temps je suis passée par des phases à cheval où j’ai dû affronter beaucoup mes peurs (je suis à nouveau tombée de cheval et j’avais des incompréhensions sur les aides, les rênes, etc… rien de grave, mais parfois j’étais un peu bloquée). Je le voyais presque 3 fois par semaine, et malgré ma chute, malgré parfois quelques confrontations, je continuais à montrer de la volonté à venir, à remonter, à en vouloir.

Lui de son côté, m’encourageait, gardait sa bienveillance, continuait de m’envoyer des compliments (que je savais très bien monter quand je n’étais pas paralysée par mes émotions, que j’avais de la persévérance, qu’il aimait bien travailler avec moi parce que j’avais cette sensibilité sur la relation aux chevaux, etc.), c’était son idée de me rajouter des cours la semaine pendant midi (il me disait que c’était lui qui se chargeait de préparer la jument pour que je n’ai plus qu’à monter sur son dos en arrivant). Après les séances du week-end, il restait parfois longtemps à discuter avec moi (alors même qu’il avait sa famille qui devait l’attendre), et c’est lui qui m’appelait régulièrement. Moi je me contentais d’envoyer quelques sms sur sa demande (il voulait aussi toujours que je lui envoie des debriefs de quand j’étais seule avec ma jument > ce qui arrivait quand même parfois !).

Et voilà qu’un jour il m’appelle et me dit « j »ai un problème »… il tourne en rond puis m’avoue « en fait ma femme est très jalouse ».

Whaaaat ?

Je tombe de ma chaise… ça fait 1 an et demi qu’on se côtoie, et ça ne sort que maintenant ? Mais pourquoi ne s’en préoccupe-t-il que maintenant ?

Evidemment que notre relation, en tête-à-tête 3 fois par semaine peut poser problème dans la tête d’une femme jalouse… j’ai eu un ex-mari jaloux, je sais ce que c’est ! Mais de mon côté moi j’étais transparente avec mon homme et lui ça ne le dérangeait pas plus que ça (parce qu’en vrai à part de l’amitié ou de l’admiration il n’y avait rien d’autre !), et je pensais qu’il avait cette transparence avec sa femme.

Et, sans me mêler de sa relation, je pense qu’il évitait le sujet, disant simplement qu’il donnait des cours, sans aller plus loin. Donc la femme elle a vu rouge quand elle est tombée sur des sms… son premier choc a été de constater qu’on se tutoyait (ça faisait une semaine en plus mdr); et son deuxième… c’est qu’elle croyait qu’il avait supprimé des messages (il avait juste changé de téléphone). Donc lui me demande en étant bien ennuyé si je peux renvoyer des copies écrans des sms car il n’y avait rien de gênant dans nos messages, chose que je fais bien innocemment…

Suite à cet appel, il m’a donné encore un cours. On a beaucoup parlé, cela a emmené une discussions sur des sujets intimes et sensibles, c’était chouette, mais tous les deux nous étions un peu gênés. Il me disait que sa femme pouvait débarquer (ouh lala c’était Dallas), mais à aucun moment il n’envisageait d’arrêter les cours. Nous étions d’ailleurs dit qu’il ne fallait pas cautionner ce genre de comportement car ensuite cela créait encore plus de difficultés (moi l’ayant donc vécu). Il en était presque à envisager la séparation. Bon je comprenais que la situation était grave néanmoins.

J’avais un nouveau cours 3 jours après. Silence pendant 3 jours mais c’était habituel, moi je ne harcelais jamais de messages, donc je suis restée comme à l’habitude, silencieuse. Quand est arrivé l’appel final. Je ne donnerai plus de cours.

J’ai conscience du coup de massue.

Silence de ma part (peut-être déjà quelques larmes).

La fin brutale de quelque chose 1/2

3 ans / 6 ans

Hey, ça faisait longtemps.

Beaucoup de boulot ces derniers temps, après le creux de cet été, j’ai été débordée ces dernières semaines. Et ouf se profile la pause de Noël.

Cela fait 3 ans que je suis dans cette société, cela marque un tournant important chez moi car ce sera donc la société dans laquelle je serai restée le plus longtemps à partir de maintenant; J’ai fait 2.5 ans, j’ai fait presque 3 ans, et maintenant 3 ans et ????

Bizarrement, alors que j’avais trouvé la boîte idéale, la cheffe idéale, le poste idéal, je déchante grave ! C’est certainement dû aux 3 ans, ou encore à mon caractère. De nature empathique et serviable (normal vu mon poste) je finis par accumuler des frustrations presque inévitables (si je regarde mon expérience). Il arrive toujours un moment, où les gens ont pris goût à mon sens du service, devoir, ma réactivité, au fait que je leur apporte tout sur un plateau… et au final ça leur paraît normal, et ils finissent par l’exiger. Ce n’est pas faute de me répéter à longueur de poste, ou d’expérience, « arrête de trop donner », arrête d’être trop efficace » (looool), parce qu’après ils prennent ça pour acquis.

Alors certes… les temps sont difficiles, ma cheffe a pris peu de vacances, elle est crevée (et fait aussi beaucoup trop de choses) mais ce n’est pas une raison pour mal me parler, et oublier la reconnaissance. Donc là j’en ai juste un petit peu marre (moi aussi j’ai besoin de vacances) et je me connais je suis en train de renoncer à une évolution de carrière (évoquée plusieurs fois), juste parce que j’en ai marre et que j’ai pas envie d’être redevable ou encore plus débordée après. Moi je n’en ai rien à faire de l’argent, donc je ne me bats pas pour gagner plus, je me bats pour être respectée et juste avoir du plaisir à travailler.

Bon, cette partie-là je la laisse donc pour 2021. Avec un gros fuck à la clé.

Je me mets à rêver de monter une structure équestre… sans rire, il n’y a pas de rêve impossible n’est-ce pas ? Je regarde les annonces, je regarde comment faire. Ce n’est qu’un rêve, mais il ne faut pas cesser de rêver.

Aujourd’hui c’est aussi le 6ème anniversaire de notre rencontre avec mon homme. Ouh la, celui-là ça fait longtemps qu’on ne le fête plus. Déjà maintenant c’est quasiment acté qu’on part séparément en vacances (ouf j’évite ma belle-fille et mes beaux-parents !) et en plus j’ai mon appartement. Mais bon, le couple tient sur un bout de ficelle, alors à 40 ans bien dépassés on ne va pas en demander plus. Le pire c’est que tout cela m’a bien apaisée (et quand c’est pas le perso, c’est le pro qui tangue… suis-je une fille à problèmes ?!!) et maintenant on arrive à vivre assez sereinement notre situation de couple bancal. Finalement moi ça me va bien, une grande liberté, mais sans aucun romantisme, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

Ma fille ça va, bien que l’adolescence soit compliquée. Avec les doutes, les peurs, alors qu’elle est tellement mieux que moi à son âge 🙂

Ma jument… au top, même si j’ai arrêté un moment les cours montés, je continue avec le coach mais sur du travail à pied. Ce qui peut en étonner plus d’un, mais c’est comme ça qu’on avance et qu’on comprend son cheval. J’adore faire des balades avec elle. On progresse elle et moi, ça m’apporte tellement ❤

Avec le coach, c’est aussi passionnant, même s’il est passé un peu à la trappe avec toutes ces histoires de boulot qui me prennent la tête. N’empêche il est toujours fidèle, m’accompagne dans mon parcours. J’ai demandé à changer d’écurie (là où je suis c’est la galère l’hiver, il n’y a pas de manège ou de carrière, donc je ne peux pas monter car trop insecure à l’extérieur encore), il m’a trouvé un arrangement à l’endroit où il travaille, je vois qu’il me cherche plein de solutions. Bref, c’est assez génial. Et d’ailleurs le changement c’est samedi. J’ai hâte !!

3 ans / 6 ans

Le silence

Article supplémentaire, plutôt que de faire un édit sur l’autre, je préfère rajouter une page. Il y a autre chose que j’apprends avec le coach : le silence (le mien).

Pas le sien non, lui est plutôt bavard, voire même répétiteur dans ce qu’il dit (il en a conscience il me dit aussi que ça fait partie du processus). En dehors des cours, il a voulu me poser quelques questions perso, mais je n’ai pas vraiment su y répondre (sujets sensibles, cela m’obligeait à prendre le temps d’y répondre, or comme j’avais un cheval à longer, ça a tout de suite déconcentré le cheval, et ça a foiré son tour de longe – très intéressant à observer !).

Du coup, je me tais. Et je pense qu’il n’a pas ses réponses à ses questions, mais c’est très bien. Je me rends compte que si je parle trop, je m’expose trop. Par exemple je peux avoir l’impression de me justifier. Alors que le silence est beaucoup plus profond et vrai.

Il y a d’autres moments, quand c’est très tôt le matin (parfois j’ai des cours à 7h15…) je suis très silencieuse, déjà parce que je n’ai jamais été une grande bavarde, et puis parfois je suis timide, je suis de celle qui cherche pendant 10 mn à dire un truc pas trop banal, et qui n’y arrive pas (donc là à 7h, c’est même pas la peine, je ne cherche pas). Et maintenant je l’accepte. Plutôt que de sortir une banalité, j’assume totalement mon silence matinal (et c’est parfois lui qui reprend le fil de la conversation, souvent il part sur du cour technique).

Encore un truc que j’apprends, que j’essaie de rendre agréable, parce que c’est moi tout simplement. Pourquoi devrais-je être différente ?

Le silence

Aimer mes émotions

Il m’en faut encore du temps pour m’accepter telle que je suis, et donc ne plus me mentir, être avec les bonnes personnes.

je ne sais pas dans quoi je m’engage en refusant tout en bloc chez mon conjoint, mais le pire ne s’est pas encore produit (la séparation), même si je l’attend de pied ferme, limite je l’envie maintenant. Ce qui me laisse une incroyable liberté, je me sens assez bien actuellement, en ayant repris le pouvoir de ma vie (même s’il y a encore beaucoup de choses qui me gonflent et que je refoule fort), je me sens avancer.

Posture, regard et recadrage (oui je regarde de tutos sur Youtube, ça fait rire ma fille). N’empêche chez moi c’est cadrage, cadrage et recadrage.

Donc savoir que bientôt j’aurai mon appart, me rend beaucoup plus légère. J’ai hâte d’avoir mon cocon, même si l’univers m’a fait un sacré pied de nez (j’ai déjà eu quelques signes comme ça auparavant… mais bon… dois-je les écouter ?). Alors je devais signer vendredi dernier… et c’est reporté 10 jours plus tard (voire plus tard encore ???). Je l’ai su la veille… imaginez mon désespoir. 10 jours sérieux ??? Incompétences en pagaille, notaire, organismes administratifs… mon dossier était béton… et j’apprends qu’il manque des pièces la veille et personne ne m’avertit ??? Entre conseillère qui ne transmet pas les éléments et qui est en vacances et la clerc de notaire qui se trompe de quelques jours dans la transmission de l’appel de fonds (mais c’est ton taf de surveiller les dates !). Tu ne peux pas faire ça à quelqu’un qui prévoit un déménagement en plein mois d’août !!!! J’ai déjà attendu tout le confinement, puis encore un délai pour être sûre que toutes les pièces soient là, et là tu me dis que ça ne se fera pas ? Allôôô, heureusement que je n’ai pas un conjoint qui me tape, ou que je n’ai pas de préavis… vous vous rendez compte de la gravité de vos manquements ?

Bref… le moment de dépit est passé, maintenant j’attends. ça me servira de leçon, tant que c’est pas signé, c’est pas signé.

Et je travaille sur moi. Tout ce que je fais avec mon coach et ma jument (et le cheval du coach) c’est assez incroyable, je vais puiser très loin dans mes émotions (peur, confiance en soi, regard des autres). Je me sens parfois ridicule quand je n’arrive pas un exercice, parce que la peur me domine (et je me paralyse, et je m’efforce quand même de faire ce que me demande le coach mais j’y mets beaucoup de résistance). Et c’est super intense  de puiser dans mes émotions très négatives, d’accepter de les dévoiler ainsi très intimement (c’est son mot), et de voir qu’il les accepte totalement. Il y a des raisons bien sûr, je suis tombée très récemment (peur de retomber à nouveau), ma jument n’est pas encore très bien dressée, et il me manque de la technique… mais il me pousse et me comprend. Et il trouve que je suis un sujet très intéressant, parce que j’ai mes blocages, mais que je mets beaucoup de volonté. Notre rapport évolue, il me dit que je suis capable, que pour lui (par rapport à d’autres cavaliers) je monte très bien mais que ce sont mes émotions qui me conduisent, que c’est ma façon d’apprendre mais qu’il est content de savoir qu’il peut m’amener certains trucs. Il est content de préparer les séances et il aime « beaucoup » ma jument… il m’offre des séances gratuites sur son cheval, et me dit qu’il y trouve son compte (car je suis un sujet d’étude pour lui :)). Il se justifie parfois car il a peur que je pense qu’il cherche à me vendre plein de séances, mais je n’ai jamais pensé ça, justement parce qu’il m’offre d’autres séances, et qu’il y a un équilibre. En vrai ce n’est pas quelqu’un qui est intéressé par l’argent (et je suis presque sûre qu’il aurait même envie de ne plus me faire payer parce qu’il voit que je partage sa passion, mais là ce ne serait pas logique). C’est toujours lui qui m’a réduit les prix, sans même que je demande (et il pratique des prix normaux), je ne lui ai jamais parlé de ma situation financière… donc je ne sais pas pourquoi il cherche tellement à ce que je ne le paye pas… en tous cas, cela m’avantage, car effectivement je ne pourrais pas me payer tout cela s’il me faisait tout payer. Alors vraiment c’est top, et équilibré à mon sens.

De mon côté, il est vrai que je m’attache à lui, comme à une figure… de transfert… Je vois ça un peu comme avec un psy (et c’est logique car toute la partie que je traite hors de la technique est du développement personnel), et du coup il me parlait de la durée de notre travail ensemble, il m’interrogeait sans en avoir l’air. En fait je n’ai compris qu’après que peut-être en effet il avait besoin de se projeter sur le temps que j’allais « l’employer » du coup sur le coup je suis restée assez évasive, « au moins un an… » mais le lendemain je suis revenue dessus et je lui ai dit que comme avec un psy, je ne savais pas vraiment mais qu’on saurait tous les 2 quand je n’en aurais plus besoin. Il me dit qu’il peut s’en tenir à mon objectif (faire des balades avec ma jument) mais qu’il peut m’emmener beaucoup plus loin, si je veux je peux en prendre pour 5 ans. Que je peux aussi m’arrêter à tout moment, faire des pauses, et qu’il sera toujours là. Il m’a aussi dit que sur mes blocages, je ne serai pas seule, qu’il serait là. J’entends que même si je prends moins de séances, il sera là.

C’est fou comme cela me fait du bien d’entendre ça (figure paternelle ?). Moi qui suis beaucoup seule, et qui ai parfois vu les relations avec la peur de l’abandon (totalement irrationnel car je ne me suis jamais fait abandonnée – mais c’est le manque de confiance qui parle), là je suis sur un truc serein, où j’ai quelqu’un qui s’occupe de moi (payé) et où j’avance. Je sais que je travaille pour moi, et cette fois je le vois vraiment, je fais ça pour moi, ça change toute la donne. Et c’est ce qui crée ce déséquilibre avec mon conjoint, non pas d’avoir quelqu’un d’autre qui s’occupe de moi (payé) mais parce qu’enfin je m’occupe de moi, je m’accorde de l’attention, et que du coup, je vois bien toutes les carences qu’il y a à être avec quelqu’un qui ne s’occupe pas de moi. Et que du coup je peux vivre seule, et très sereine. Car je n’ai pas besoin d’un boulet dans ma vie. Ou quelqu’un qui me prenne du temps et de l’énergie.

Il y a des gens qui sont sur votre route, pour vous permettre le tremplin vers autre chose. Ce sont des relations (amicales ou autres) qui n’ont pas vocation à durer, et je pense que c’est ce qui se passe avec ce coach. Aujourd’hui j’en ai besoin, je le vivrai très mal s’il y mettait fin d’une manière ou d’une autre (il me consacre beaucoup de temps, or il a aussi une femme et une famille et  un deuxième métier – je me demande parfois comment il trouve le temps de tout faire – d’ailleurs si je m’interroge vraiment je pense que je ne trouve pas ça terrible, mais bon ce n’est pas cet aspect que je regarde). Mais du coup je sais qu’il a envie de faire ce chemin avec moi également, que certainement ça lui fait un peu de compagnie également, et puis je suis totalement en accord avec ce qu’il me propose donc c’est forcément valorisant pour lui.

Bon voilà, toujours est-il que grâce à lui j’accepte beaucoup plus mes émotions, et qu’hier j’ai accidentellement renversé (et tué) une biche sur la route. Je ne sais pas si ça aussi c’est un signe. Mais j’ai totalement vrillé sur cet épisode (et j’ai accepté de le vivre intensément et avec beaucoup d’émotions ce qui n’aurait pas été le cas il y a 2 semaines de ça). La biche n’avait aucun espoir, je roulais lentement (petite route de campagne sans aucune visibilité) et elle était prise entre un talus et une forêt, quand elle m’a vue elle a paniqué et m’a percutée, je n’ai pas eu le temps de dire ouf (j’ai beau tourner et tourner les images dans ma tête je crois que je n’aurais pas pu l’éviter). Sur le moment je regarde l’image de la bête devant moi, elle s’est écroulée sur le bas côté, une oreille semble encore légèrement bouger… mais mon esprit est bloqué sur la route (je suis arrêtée en plein milieu d’un virage sans visibilité avec ce bout de forêt et ce talus sur lequel je ne peux même pas me garer), premier réflexe je me barre (honte à moi)… elle va mourir je ne peux rien faire, et je ne veux pas la voir rendre son dernier souffle… je pars. Deuxième réflexe, merde la voiture (le pire c’est que c’est la voiture de courtoisie du garage car la mienne est en révision)… je m’arrête plus loin quand je trouve un terre-plein pour le faire… Elle n’a absolument rien… pas une goutte de sang, pas un poil de biche… je repars, je récupère ma voiture chez le garagiste, mais ma tête est ailleurs, avec une seule obsession : j’y retourne. Je vais la chercher. Soit elle n’y est plus et auquel cas bonne nouvelle, elle s’est relevée (ou quelqu’un d’autre s’en est occupée – honte à moi), soit elle est morte (et en quelque sorte pas de regret, cela aura été assez immédiat – même si je ne l’aurais pas accompagnée dans son dernier souffle – honte à moi), soit elle est encore vivante et blessée, et là… je l’embarque… et après j’avise, soit je l’emmène chez le véto, soit chez moi selon son état (j’ai lu ensuite que je n’avais pas le droit mais bon j’aurai trouvé une solution). Et bon j’arrive sur les lieux (je gare la voiture tant bien que mal et finit à pied)… Elle est morte.

J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, je l’ai caressée (et comme les indiens, j’ai vu ça dans un film, j’ai dit à son âme s’envoler). Je l’ai observée toute mignonne et pas encore raide, encore tiède de la vie (mais sans aucun signe de vie, yeux ouverts, langue pendante, tête en arrière et mouches qui commençaient à s’activer). Je suis rentrée chez moi et j’ai pleuré devant ma fille. Et quand mon conjoint est rentré j’ai encore pleuré (et cette fois totalement assumé puisque lui n’aime pas mon débordement d’émotion en général). Et là il me dit « ah moi aussi j’aurai eu du mal à m’en remettre » (ouch).

Bon mais le soir lors de notre balade du soir avec ma fille, je vois une autre biche au loin (plus grande) et qui nous regarde un moment, et qui rentre dans la forêt. Cela m’a apaisée, comme si elle me pardonnait.

 

 

Aimer mes émotions

Loneliness, happiness

15 jours que je suis sans homme (et sans BF) et une semaine sans ma fille, j’ai encore une semaine comme ça… Et je kiffe à mort.

Bien sûr il fait beau, il fait chaud, et j’adore ça. Je suis au bon moment pour profiter de ça. Mais je me sens tellement bien.

Par rapport à toutes nos disputes, mon sentiment d’injustice sur l’égalité hommes-femmes, la gestion de ma belle-fille, je crois avoir coché toutes les cases par ces quelques jours / semaines. Oui je suis bien mieux seule, je le vis super bien. Oui il y a une incohérence entre ma vision de la vie et ce que j’accepte au quotidien !

Donc woaw quelle révélation, je vais maintenant vivre seule. J’ai tout mis en place (je signe l’appart début août) et je ne ferai plus aucun compromis. Je ne veux plus gérer sa fille, je ne veux plus qu’on me contredise. Je veux être moi, moi, moi.

Je veux vivre avec des animaux (et ma fille). Je garde le chien de mes voisins en ce moment, et c’est incroyable cette sensation. Il me demande si je ne m’ennuie pas (sans lui ??) mais non… mon compteur de pas explose, je suis sans arrêt dehors, animaux + nature. Que demander d’autres ? Je vis un bel été (et encore je ne suis pas encore partie en vacances).

Et je partirai donc en vacances seule (avec ma fille), j’ai hâte, j’aurai tout gagné. Ma liberté, et le respect. Car du coup là il me voit m’échapper… ça va être beaucoup plus dur pour lui prochainement… notamment parce que je m’en fous (de lui). Je n’ai plus d’émotions (enfin).

Je vois bien que je suis dure dans mes propos, je vois bien que c’est pas si facile à comprendre pour l’extérieur (surtout que je suis encore avec lui). D’ailleurs de l’exprimer quand on me demande ce que je fais pendant mes vacances n’est pas compréhensible… dire je suis seule, mais trop contente. On me regarde bizarrement (est-ce que vraiment elle est sincère ?)… donc je reste évasive. Mon coach (de cheval) essayait de comprendre, je vois bien qu’il se pose des questions. Je suis d’accord que pour mieux me coacher, il doit mieux me connaître (ce n’était pas intrusif de sa part), mais en fait je suis incapable de l’exprimer sans ressenti négatif. Donc comme je ne veux pas paraître pour aigrie, ou celle qui en veut aux hommes (un peu si quand même), je me tais. Fais ton boulot, j’ai besoin de toi pour progresser. Faire du cheval (et ce qu’il m’enseigne) c’est pour plus de confort, de liberté. Je m’accroche à ce coach d’une façon non raisonnable, je n’aime pas qu’il annule une séance. Mais ma grande maturité (lol) me permet de le remettre à sa place de coach quand parfois mon esprit divague (faut dire qu’il me fait du bien mentalement).

Ma foi, je prends ce qui vient, car le pire imaginé ne s’est pas produit (que je me sente triste); En fait j’ai déjà été triste tout l’hiver quand j’ai pris conscience qu’il fallait que ça s’arrête. J’ai déjà fait tout le boulot, maintenant il ne reste plus qu’à savourer le résultat de mes actions.

En gros je quitte le nid, d’une famille mal recomposée, et je garderai peut-être l’homme (mais pas sûr).

Au boulot, beaucoup de tergiversation. Un coup on me fait miroiter quelque chose, un coup ça retombe. Bon ce que je comprend c’est qu’ils mûrissent des projets pour moi (la sécurité) mais que ce n’est pas encore au point. Donc parfois ces dernières semaines je me suis sentie isolée et abandonnée par ma chef… mais bon on dirait qu’elle reprend un peu le contact. Ces 2 prochaines semaines avant mes vacances devraient être décisives.

Allez ça avance.

 

 

Loneliness, happiness

Meilleurs jours de l’année

L’été, le solstice d’été, la luminosité de l’été… il y a quelques années la fête de la musique avait aussi une part importante, puis la naissance de ma fille.

Juin, le meilleur mois > toujours prometteur

Canicule ou pluie, je préfère assurément la canicule et la douce moiteur des nuits d’été qui n’en finissent plus.

Cette année, je vais bientôt avoir les clés de mon appartement. Mon investissement, ma résidence secondaire, mon cocon.

Cette année je poursuis mon ascension pour monter à cheval. J’ai un coach, qui me donne des cours de dressage pour ma jument (mode chuchoteur) et qui me remet en selle également. Quand je suis avec elle, j’oublie tout. C’est littéral, je peux aller la voir avec des soucis plein la tête, une fois dans la pâture avec elle, je suis dans une bulle. Et ce coach me donne toutes les clés. C’est une relation intéressante qui naît, sur le fond maître-élève, je sais qu’il est là pour quelque chose dans ma vie. Il me fait grandir et me pousse à me dépasser. La relation, très professionnelle et respectueuse, n’obéit à aucun code. Et pourtant il est là pour moi. Il est dispo par téléphone (malgré de nombreuses activités annexes), pas toujours immédiatement, mais me suis avec attention car je suis son élève. Il me voit évoluer et me guide, il m’encourage, me félicite, me complimente. Il me décrypte, me dit que je ne suis pas facile à gérer car beaucoup dans l’émotion et que parfois il me perd. L’émotion… cette facette de moi que je n’aime pas et qui me vaut ce blog.

Emotion n°1, n°2, n°3, … n°65, n°100… voilà ce qu’il a dit la dernière fois. Je le fais rire.

Il me dit que je suis super, que ma jument est super (et très attachante, ce qui me fait plaisir car il a connu beaucoup de chevaux dans sa vie, et il n’arrête pas de me dire que la mienne est vraiment bien, que je suis super bien tombée… – pour rappel je l’avais achetée sur Leboncoin, sans avoir trop de notions mis à part mes 10 années d’équitation de mon adolescence !). Bref… ce genre de rencontres sont très bénéfiques dans la vie. Parce que sur ce domaine du cheval, il est exactement la personne dont j’avais besoin, et je suis tombée sur lui (là aussi en appelant au pif sur internet).

Je passe beaucoup de temps avec lui, en ce moment on est pas loin des 4h par semaine, mais mon homme n’est pas jaloux, et ça c’est bien (je n’ai pas connu ça avec mon ex-mari). Je peux enfin vivre une belle rencontre (je ne peux pas la qualifier d’amitié, car ce n’est pas un ami, mais bien un coach) et passer du temps avec, sans qu’il se sente menacé. D’ailleurs, je lui montre certains messages, je lui rapporte certains de ses propos, c’est assez transparent, et c’est pour ça que c’est chouette. Je n’ai pas vécu ça depuis longtemps. La liberté.

Ce travail avec ma jument me permet justement une liberté énorme. Parce qu’en dehors de mes cours, je passe beaucoup de temps à l’extérieur, j’aime la nature, et j’ai enfin un but pour y passer tout mon temps libre. L’épanouissement que j’ai avec cette jument est au-delà de mes attentes, c’est un des meilleurs choix que j’ai pu faire (à noter qu’elle est arrivée le 29 juin, encore une date au mois de juin).

Pour ma vie annexe, mon boulot, mon homme, ma fille, ma belle-fille. On va dire que ça va, même s’il y a eu des moments plus compliqués. Au boulot je continue à faire un peu de télétravail (c’est trop bien quand il fait beau dehors en plus), mais j’ai été un peu malmenée par ma chef on va dire… malmenée est un bien grand mot, disons oubliée, prise pour un pion, alors que jusque là ça se passait super bien. Il fallait bien que ça retombe un peu… bon la semaine dernière elle m’a reboostée et annoncée une prime pour avoir travaillé à 200% pendant la crise. Cette société reste malgré tout la meilleure que j’ai eue. Je tiens la route. Et là, bonne nouvelle, comme j’ai beaucoup moins de boulot (mon job consiste à organiser des meetings, des déplacements, et des événements… alors bien sûr pendant quelques temps je serai moins occupée), je viens d’être rencardée par le directeur logistique sur toute la partie sécurité (et donc potentiellement envoyée en déplacement dans nos agences en France lorsqu’il y aura eu des accidents). C’est une bonne nouvelle, car c’est une mission intéressante, et comme j’y avais réfléchi avant,  j’ai soumis quelques idées au directeur avant qu’il m’appelle, et je pense avoir fait mouche. Donc l’embellie arrive.

Perso maintenant, avec mon homme il y a vraiment des hauts et des bas, des hauts où je sens qu’on s’aime plus que tout, et des bas, où vraiment on se déteste. C’est assez ambivalent, d’ailleurs dans ces moments où on s’envoie tout à la figure, la solution de l’appart nous tarde !!

 

Meilleurs jours de l’année

Confinement et déconfinement

Alors… qu’a-t-il bien pu se passer durant ces 2 mois, presque 3, qui ont vu se renverser la France et toute la terre avec ?

Et bien je me suis confinée, avec ma fille, mon homme, mon chat et ma jument pas loin (et parfois ma belle-fille).

Premiers 15 jours : super bien, presque comme dans un rêve. Nous étions bien, en harmonie, nous avions pris notre rythme, chacun une place dans la maison, télétravail, planning pour ma fille. Beaux jours et grande maison à la campagne, le top.

Au bout de 15 jours ma belle-fille est arrivée (une semaine) : et ça n’était pas si mal. Elle a pris le pli et était plutôt agréable.

Puis elle est repartie, et revenue. Et de nouveau ça se dégrade. De nouveau c’est compliqué entre le fait qu’elle mente, qu’elle fasse sa vie, et que monsieur ne dise rien. Et moi je n’en peux plus. Je crise d’angoisse chaque dimanche soir (en vrai ça commence même le samedi matin). Vivement que j’ai mon appart.

Alors pour l’appart : j’ai signé avec procuration juste la semaine du confinement. On peut dire que j’ai eu du bol. Tout s’est aligné. Il me reste à attendre que la banque finisse mon dossier (mais j’ai eu une bonne proposition). Donc tout devrait se dérouler à merveille.

Je mérite d’être heureuse. Bien sûr j’ai peur de l’après, de tout fouttre en l’air, de le perdre lui. Mais je m’en fous, j’avance, j’ai besoin de reprendre ma liberté, je ferai souffler tout le monde.

Je rêve d’avoir un chien maintenant. Etc, etc.

Au boulot ça devient bizarre. Si au début ma chef m’a laissé bosser à 100% (certains de mes collègues étaient eux en chômage partiel), puis maintenant je me sens délaissée. Le télétravail crée de la distance. Je suis partie même aider en agence (volontariat non volontaire). J’ai accepté de partir 3 jours sur la semaine où ma belle-fille est là (et je sacrifie ma fille au passage – bien qu’elle vive très bien cette séparation).

Bon, combien de temps encore ?

Confinement et déconfinement

Quelques jours avant le printemps

Je signerai un compromis pour un appartement.

Voilà, je suis lancée. J’ai déjà fait les démarches pour obtenir un prêt, j’avance et je m’apaise.

J’ai prévenu quelques personnes, ma route se trace, autrement, différemment.

Le meilleur dans tout ça : être dans l’action, avoir des projets.

Il me reste quelques larmes parfois, quand l’impression d’avoir raté quelque chose ressurgit. Surtout devant nos dialogues improductifs. Mais je pense qu’il faut que je parte pour qu’il comprenne. Et je pense que finalement rien n’est grave, qu’il n’y a pas de modèles préconstruits.

Chacun ses blessures et ses intransigeances. Mais moi je ne serai plus la méchante de service. Il me tarde.

 

Quelques jours avant le printemps

Certains aspects de ma vie…

Je pourrais presque me sentir heureuse, sur bien des points je trouve mon équilibre. Le boulot est au top, les loisirs au top, ma relation avec ma fille au top… il y a des choses qui sont fluides et tellement évidentes. Il y a des endroits où je me sens bien et où mon existence prend tout son sens…

Au boulot, je termine la période la plus chargée (qui débute en octobre – novembre) et qui s’est magnifiquement déroulée. J’ai pris des dossiers, des événements en charge seule, et j’ai eu tout le soutien et la reconnaissance de ma direction. J’ai bossé en déléguant même avec les bonnes personnes qui m’ont apporté la joie du travail collectif. Je me sens enfin à ma place dans cette société qui prône des valeurs d’engagement et de solidarité, et qui le sont vécues au quotidien. Je travaille dans un bureau seule, et j’aime beaucoup mes moments de solitude, ils me sont nécessaires à mon équilibre, mais pas que… j’aime aussi avoir les bonnes personnes avec qui discuter, et le fait d’avoir cette place me permet d’avoir aussi du monde qui vient me voir, tout en gardant mes distances avec les personnes que je ne veux pas voir. Le tableau n’est pas parfait pour tous (comme dans chaque société il y a des personnes pour qui ça marche moins bien) mais je pense que lorsqu’on est intègre et avec beaucoup d’envie, cette société qui est la mienne, permet d’avancer.

Avec ma fille, c’est aussi une bonne période, elle avance toujours avec des bonnes notes et une bonne réputation auprès de ses professeurs. Elle a l’avantage d’être bosseuse et en même temps populaire, avec la prise de parole facile (tout ce que je n’avais pas à son âge). Pourvu que ça dure. Elle se développe enfin dans un sport collectif (le sport n’étant pas sa grande passion à la base) et c’est un bonheur de la voir enfin prendre du plaisir à se dépenser pour son équipe. J’aimerai tellement la protéger de tout ce qui pourrait lui arriver en tant que femme, mais bon… cela ne sert à rien d’anticiper un futur qui n’arrivera certainement pas, et qui serait anxiogène.

A côté de ça, je m’en veux de lui faire subir parfois mon mal-être au sein de la famille recomposée. Car de son côté elle semble le vivre très bien. Mais je reviens dessus plus bas.

Côté loisirs, c’est là où je prends vraiment la mesure de ce que j’aime être et comment je m’épanouis hors du travail et de la famille. C’est la relation que je développe avec ma jument, tout ce que j’apprends avec mes cours de dressage et comment je grandis encore dans cet apprentissage, c’est juste fabuleux. Cela devient une belle passion. Le temps passé avec le moniteur est agréable car il me fait plein de compliments, et ya rien à dire… ça fait du bien. Je réalise à travers nos échanges à quel point cette notion de dressage et d’éducation ne sont pas à la portée de tous. Je ne le dis pas de manière prétentieuse, car il me semble que c’est une perception qui n’est pas partagée par tout un chacun et que c’est juste ma vision… pour moi, c’est tellement important que j’y accorde forcément beaucoup d’attention.

En tous cas, cela me renvoie systématiquement à la souffrance que je vis dans la famille recomposée. J’utilise le mot souffrance alors que parfois je peux être vue comme celle par qui le mal arrive. Mais oui c’est une réelle souffrance. Et qui se crispe de plus en plus sur de petits détails. Je n’en peux plus, je n’en peux plus, je ne supporte plus « ça ». Ce n’est pas uniquement sa fille même si elle cristallise tout ce que je ne supporte plus : le fait de ne pas éduquer son enfant.

Je pense salutaire de nous sortir de ça. J’ai donc repris les recherches (que j’avais mis en sommeil à cause du boulot) et je regarde attentivement les appartements. J’en ai visité un ce midi. Il ne fera pas l’affaire, mais j’avance tout ce que je peux. Je lui ai demandé de ne pas prendre les mêmes jours de vacances que moi pour pouvoir souffler.

Bref… tout ceci m’éclaire sur le fait que je dois m’écouter davantage. Lorsque je suis à ma place, je le sais, et quand je ne le suis pas, j’ai beau m’accrocher, ça ne l’est pas quoiqu’on en dise. Le plus dur c’est de dealer avec plein d’idées bien pensantes et de fausses croyances. Il faut que je sois ferme dans mes intentions. Je ne mérite pas ça.

Et bientôt j’espère, je pourrais cocher toutes les cases du bonheur.

 

 

Certains aspects de ma vie…